Depuis deux ans, une même question traverse tout le secteur de la traduction : que reste-t-il à l'humain quand l'intelligence artificielle traduit en quelques secondes ? Beaucoup y voient une menace. Certains y ont vu une invitation à tout repenser et les résultats sont prometteurs.
Voici ce qui change, concrètement, pour ceux qui commandent des traductions comme pour ceux qui les produisent.
Le problème que tout le monde connaît
Traduire un document, ce n'est pas transformer des mots. C'est retrouver le bon terme, celui que le client a validé il y a trois ans, dans un autre projet, sur un autre support. C'est garantir qu'une notice, une interface logicielle et une vidéo de formation parlent exactement la même langue. C'est ne jamais refaire deux fois le même travail. Les outils traditionnels comme Trados, memoQ ou Déjà Vu apportent des réponses partielles, au prix d'environnements propriétaires lourds et de licences coûteuses.
Les plateformes qui s’annoncent ne cherchent plus la ressemblance entre des mots : elles recherchent par le sens. Les mémoires traditionnelles recherchent principalement la proximité entre les formulations. Les mémoires de nouvelle génération ajoutent une autre dimension : elles recherchent la proximité du sens. Une phrase reformulée, réordonnée ou exprimée avec des termes différents peut ainsi retrouver une traduction pertinente que la seule similarité textuelle aurait laissée de côté.
Dans ces deux formulations par exemple :
Arrêtez immédiatement le moteur
Le moteur doit être arrêté sans délai.
Une mémoire traditionnelle peut considérer ces deux segments comme fortement différents en raison de leur faible ressemblance textuelle. Une mémoire sémantique identifie au contraire leur proximité de sens et peut retrouver la traduction validée correspondante.
Et quand aucune traduction validée n'existe encore, elles s'appuient sur l'intelligence artificielle pour proposer, à partir du contexte réel, une première version que le linguiste n'a plus qu'à affiner.
Pour les entreprises : plus vite, plus juste, et moins cher à chaque projet
Si vous commandez des traductions, trois choses changent pour vous.
Vos délais raccourcissent, parce que la production est fluidifiée de bout en bout et qu'un gros projet urgent peut être réparti entre plusieurs linguistes travaillant en parallèle, sans perte de cohérence.
Vos coûts baissent progressivement : chaque projet traduit enrichit votre mémoire propre et augmente les possibilités de réutilisation lors des projets suivants. Votre historique de traduction devient un capital qui travaille pour vous.
Votre qualité, enfin, cesse d'être une promesse pour devenir une mesure. Le contrôle qualité s'appuie sur le référentiel international MQM (Multidimensional Quality Metrics) : la qualité n'est plus simplement affirmée, elle est évaluée, objectivée, traçable. Un argument décisif dans les secteurs où une erreur de traduction engage une responsabilité.
Pour les agences : la liberté, sans les contraintes
Si vous êtes un prestataire de services linguistiques, les mémoires de nouvelle génération vous affranchissent des environnements propriétaires. Plus besoin d'imposer à chaque utilisateur un environnement propriétaire ou une licence logicielle locale. Vos mémoires de traduction, d'où qu'elles viennent, sont reprises et valorisées. Elles s'enrichissent automatiquement au fil de la traduction et de la post-édition, sans le moindre travail d'importation, et se classent d'elles-mêmes par client. Vous suivez l'avancement de chaque projet en temps réel, et vous pouvez, si vos clients y consentent, faire jouer la richesse mutualisée de vos mémoires.
Pour les linguistes : tout le confort, aucune contrainte
Et parce qu'une plateforme ne vaut que par ceux qui la font vivre, il faut bien repenser aussi le travail quotidien du traducteur. Tout se fait désormais depuis un simple navigateur, sans aucune licence à installer, mais avec l'ensemble des fonctionnalités des environnements professionnels : recherche contextuelle, glossaires, filtrage des segments, suivi de la progression. La puissance d'un outil expert, la simplicité d'une page web.
L'innovation sans dépendance au cloud propriétaire
Les acteurs majeurs du secteur de la traduction commencent déjà à proposer une telle mémoire de nouvelle génération à travers des plateformes propriétaires dans le cloud. Mais cela accentue la dépendance des utilisateurs, non seulement aux outils propriétaires comme auparavant, mais également aux infrastructures de ces acteurs. Car si auparavant les environnements de traduction continuaient à fonctionner en local, avec une simple licence valide, il faudra désormais non seulement une licence mais aussi le droit d’accès à l’infrastructure propriétaire. La dépendance ne porte donc plus seulement sur le logiciel, mais également sur l'infrastructure qui l'héberge.
Mais les progrès de la technologie permettent désormais aux « petits » de jouer dans la cour des grands. Les ressources disponibles en « source ouverte » leur offrent en effet les mêmes moyens de développer de telles plateformes en puisant dans l’immense réservoir de l’open source. Il leur suffit de disposer de la ressource la mieux répartie dans le monde : l’intelligence humaine.
Tradoc a emprunté cette voie et dispose désormais d’une plateforme qui offre les fonctionnalités décrites, dans un environnement local et sur ses propres serveurs, assurant ainsi son autonomie et la confidentialité due à ses clients.